mercredi 16 septembre 2009

Carcassonne Toros 2009 : du sang, de l'effroi et un novillo d'exception.






Samedi (tarde). Novillada de Moreno de Silva.

L'encierro envoyé par Don José Joaquín Moreno de Silva fut très inégal de présentation et de comportement, allant du fade noble premier, au troisième possédant un fond de caste, à l'exceptionnel dernier.

Par les temps qui courent, rencontrer un vrai bravo ce n'est déjà pas si fréquent, mais quand au moins deux des trois qualités fondamentales que recherche l'aficionado a los toros chez un toro sont au rendez-vous, on savoure ces rares moments rendus possibles par les sacrifices et l'important travail de sélection d'une poignée d'éleveurs de taureaux de combat qui, contre vents et marées, résistent aux modes et aux "lois" du marché en refusant de sacrifier la bravura et la caste sur le sacro-saint autel de la noblesse moderne docile et idiote qui plaît tant aux coletudos d'aujourd'hui. C'est ce que nous avons ressenti avec Diano, ce dernier exemplaire de la course, un novillo à la bravura et à la caste exceptionnelles. Ce grand moment d'afición qui nous attendait fut malheureusement gaché par la médiocrité des hommes en piste : des piétons d'abord, qui se sont tous retirés dans la contre-piste pendant le déroulement du tercio de piques ; du novillero colombien Jonathan Moreno Muñoz ensuite qui, non content d'avoir cautionné le comportement scandaleux qui vient d'être évoqué, a fait étalage de son insuffisance muleteril ; du président de la course enfin, M. Jean-Louis Solier, qui, sacrilège, a refusé d'accorder une vuelta posthume à ce novillo alors qu'il aurait dû l'accorder illico, avant même que ne monte des étagères la pétition, pour éduquer le gentil public carcassonnais et signifier aux hommes en piste leur médiocrité.

Le novillero madrilène Juan Carlos Rey qui nous avait laissé entrevoir ses belles possibilités à Vic cette année, fut blessé au deuxième novillo de la course en rentrant droit à matar, après nous avoir offert quelques beaux gestes d'un classicisme dépouillé et alluré mais manquant de dominio et de profondeur. Ce novillero possède des qualités indéniables mais semble se contenter du minimum là où on voudrait le voir s'engager et peser davantage sur ses adversaires.

Pour l'anecdote, comme c'est chaque année la même chose à Carcassonne, un quarteron d'antis (une trentaine au maximum, dont beaucoup étrangers à nos contrées audoises) nous a accueilli bruyamment devant l'entrée de l'espace Jean Cau avec des slogans nauséabonds indiquant clairement une origine antispéciste et animaliste, tels que "si la corrida est un art, le cannibalisme est de la gastronomie" et "si la torture est un art, tous les nazis sont des Picasso" ; si cela ne s'appelle pas de la diffamation, cela y ressemble fortement ! Ajoutez à cela, dans le journal Le Midi Libre, les propos suivants d'un membre d'une association anti-corrida carcassonnaise : "les taurins ont fait main basse sur la ville, ont circonvenu la mairie et l'opinion" !




Dimanche (tarde). Novillada de Miura.

Ecœuré par la dérive mercantile et la dégénérescence observées depuis quelques années dans l'élevage de Miura, je m'étais juré de ne plus assister à une course de ce fer légendaire et encore moins d'assister à la traditionnelle novillada de Miura organisée chaque année à Carcassonne, dont le triomphalisme et la politique tarifaire particulière (40 € au lieu de 30) ne reposent sur aucune justification. Une amitié et l'appel du toril en ont voulu autrement.

L'arène fut saisie par l'effroi suite aux dramatiques blessures qu'infligea le deuxième novillo de la course à l'alguacil Christian Baile, un manso sans mauvaises intentions mais complètement paniqué dès sa sortie en piste (il beuglait et il sautait comme un cabri).

Pour ce qui est de la course proprement dite, l'encierro envoyé par les frères Miura était lourd, sérieux, solide de pattes et, fait rarissime dans cette ganadería pour être signalé, aucun novillo n'a tiré la langue : les six sont arrivés dans le dernier tiers avec la gueule fermée ! Sans être passionnante, cette course ne fut pas inintéressante.

Côté terna, rien à retenir de fondamental si ce n'est les excellentes paires de banderilles du novillero vénézuélien Hassan Rodríguez "El Califa de Aragua" qui doit sans doute prendre pour modèle le Maestro Luis Francisco Esplá si l'on en juge par son style classique et engagé bâtonnés en mains et sa façon de toréer avec la muleta sur la tête.

Pour le reste, à l'heure de la pétition des trophées, on a eu droit au comportement habituel du clan Leal en ces latitudes audoises, à savoir papa Leal (Frédéric) secouant la main et tonton Leal (Paquito) soulevant comme à son habitude la queue du novillo, spectacle minable, d'autant plus lamentable qu'au même moment, au Centre Hospitalier Antoine Gayraud de Carcassonne, l'alguacil Christian Baile menait le plus difficile des combats, celui de la Vie contre la Mort.

lundi 24 août 2009

Carcassonne Toros 2009 : Christian Baile.






À l'heure qu'il est, l'aficionado carcassonnais, l'alguacil Christian Baile, grièvement blessé hier par un novillo de Miura dans la contre-piste des arènes portatives de l'espace Jean-Cau, lutte toujours contre la mort.

En ces heures difficiles, toutes mes pensées vont vers ses proches et ses nombreux amis.

Carcassonne Toros 2009 : galerie photos.



Samedi 22 août (tarde). Novillada de Moreno de Silva.






































































Dimanche 23 août (tarde). Novillada de Miura.





























































lundi 17 août 2009

"Marsena".




Taurus II, acrylique sur toile, 120 x 120 cm, "Marsena".


En ce jour particulier, je tiens à faire un brindis à l'artiste "Marsena" qui m'honore de son amitié depuis quelques temporadas, et à qui je dois la découverte des coulisses de la corrida, des merveilles du Campo Charro y muchísimas otras cosas...

Con todo mi cariño.

Prêtre de Dieu et aficionado a los toros.


"Loin d'être empreint de cruauté, le geste de toréer, d'oser affronter un taureau et un public, en vérité, me semble une expression symbolique très belle de cette foi dangereuse qu'il faut pour vivre en homme et qui n'est d'abord religieuse même si elle peut l'être aussi."

[Déclaration de l'Abbé Jacques Teissier en 2004]


De tout temps des hommes d'Église, du plus modeste au plus titré, se sont passionnés pour la corrida. Malgré les imprécations de la nébuleuse anti-taurine qui a infiltré ou créé de toutes pièces des organisations de croyants anti-taurines, des hommes d'Église continuent à se passionner pour la corrida et à le dire courageusement à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Institution à laquelle ils appartiennent ; c'est le cas de l'Abbé Jacques Teissier (voir la photo ci-contre) de Nîmes.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, rappelons que ce prêtre catholique romain est aumônier des arènes de Nîmes et de quelques autres arènes de notre géographie taurine. Cet aficionado exigeant n'a jamais caché son penchant pour le toro sérieux, brave et encasté, lui qui à longueur d'années doit endurer la vision d'infâmes chèvres de coursiquettes-spectacles dans l'amphithéâtre nîmois ; plaise à Dieu de lui donner un jour l'occasion de voir devenir ou redevenir ce dernier (suivant comment on considère l'histoire taurine des arènes de Nîmes) un Temple consacré au Toro.

L'Abbé Jacques Teissier est aussi un excellent aficionado practico. Sur cette dernière activité, il faut aller le voir à l'œuvre sur les pages suivantes du blog de l'ancien site de la ganadería Meynadier :



L'Abbé Jacques Teissier est également l'auteur d'un magnifique travail sur les origines et les encastes du toro de combat. Ce travail est consultable en ligne sur le site Toro-Genèse. Il a été mis à jour en début d'année ; c'est à l'adresse suivante : http://toro-genese.com/.